La question est fondamentale dans notre compréhension du diabète, et elle demeurait sans réponse: les cellules productrices d'insuline peuvent-elles se régénérer?

Des chercheurs montréalais se disent aujourd'hui capables de prouver in vitro qu'elles le peuvent.

Cette percée ouvre la voie à la mise au point de nouveaux traitements de contrôle de cette maladie qui touche plus de deux millions de Canadiens.

Le détail des travaux menés par l'Université McGill et l'Université de Montréal montre en effet qu'il est possible de faire revenir les cellules productrices d'insuline à un état de développement primitif qui s'apparente à celui des cellules souches.

Un pas important

Le Pr Lawrence Rosenberg, de l'Université McGill, affirme qu'il était acquis que les cellules productrices d'insuline ne pouvaient être produites qu'une fois, au moment du développement de l'embryon.

Ces résultats seraient donc précurseurs d'une nouvelle ère dans le traitement du diabète. Ils sont, entre autres, très encourageants pour le développement de thérapies régénératives.

À ce stade, nous ne pouvons pas affirmer que le processus par lequel ces cellules reviennent vers un stade proche des cellules souches se produit naturellement dans un pancréas sain, mais ces résultats sont très encourageants pour le développement de thérapies régénératives contre le diabète
Pr Lawrence Rosenberg, Université McGill

Actuellement, les traitements actuels aident à contrôler le taux de sucre dans le sang, mais ne s'attaquent pas à la maladie comme telle. Grâce à cette percée, les patients pourraient ne plus avoir besoin d'insuline, car ils la produiraient eux-mêmes.

Les personnes atteintes du diabète de type 2, un type non insulino-dépendant qui touche environ 90 % des diabétiques au Québec, pourraient recevoir des injections pendant quelques mois avant de complètement cesser la médication.

Le processus serait cependant plus complexe pour les personnes atteintes du diabète de type 1.

Les auteurs

Le Dr Lawrence Rosenberg du Centre Universitaire de santé McGill

Le Dr Bernard Massie, du Centre hospitalier de l'Université de Montréal

La recherche est publiée dans la revue Laboratory Investigation.

Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Réseau de cellules souches du Canada. Elle a également reçu le soutien d'une bourse de l'Association canadienne du diabète/IRSC ainsi que d'une autre du Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ). Le Dr Rosenberg était soutenu en tant que chercheur national par le FRSQ.

http://www.radio-canada.ca